Santé au travail au sein de l’ACV : Quel bilan des mesures prises à ce jour, quelles pistes pour demain ?

 

Le rapport du Conseil d’Etat sur la politique sanitaire 2008-2012 (tiré à part 91) mettait en lumière l’importance d’avoir une vision globale en matière de santé publique. Ainsi, le gouvernement a décliné 5 axes et 43 mesures spécifiques. Celles-ci, ciblées, permettent d’envisager une amélioration et des progrès dans de nombreux domaines de la santé, au sens large du terme. Si le monde du travail y est abordé, c’est surtout que par le biais des professions liées à la santé et de la nécessité de parvenir à avoir des effectifs suffisants. Or, il nous semble important que tout ce qui touche à la thématique de la santé au travail soit également traité.

 

De nombreuses études montrent tous les bénéfices que les employeurs ont à avoir et maintenir des conditions de travail qui permettent aux employé-e-s de s’épanouir. Dans le privé, il y a même désormais un label qui est décerné aux entreprises qui mettent en œuvre avec succès des mesures visant l’optimisation des conditions cadres de l’entreprise et qui considèrent la gestion de la santé en entreprise comme partie intégrante de la gestion d’entreprise[1], donnant ainsi suite aux  six «Critères de qualité pour la promotion de la santé en entreprise» (1999) du Réseau européen pour la Promotion de la Santé en Entreprise (ENWHP ; www.enwhp.org).

 

Parmi ces études, nous pouvons citer celle de Jacques A. Bury, concernant les conditions de travail des 45 ans et plus dans l’administration cantonale vaudoise[2]. Cette étude, focalisée sur les 45+, a utilisé notamment le « Work Ability Index » (WAI), questionnaire assez court qui porte sur les exigences physiques et psychiques du poste, l’état de santé et les ressources du travailleur, l’environnement de travail et qui, semble-t-il permet de fournir rapidement de premiers résultats et de proposer une série de mesures visant à maintenir ou améliorer les qualités de l’environnement de travail, de la santé et des compétences de l’employé-e. C’est un outil fiable dont la validité est bien établie en Europe.

 

La question de l’anticipation du problème du vieillissement dans la politique de gestion du personnel porte en filigrane la question plus générale de la gestion de la santé dans l’administration vaudoise. Or, il ressort de cette étude que le panel de personnes volontaires pour l’étude retenu était assez mince, en proportion de la taille de l’administration cantonale vaudoise et que, pour mener ce genre d’analyse, il est important de pouvoir compter sur un soutien politique fort.

 

Effectuer une radiographie du personnel de l’Etat de Vaud afin d’établir un bilan de son état de santé nous paraît être une nécessité non seulement pour anticiper les problèmes à venir, mais également pour une saine gestion du personnel. Avoir connaissance des mesures prises jusqu’alors également.

 

Ainsi, au vu de ce qui précède, nous demandons au Conseil d’Etat de bien vouloir renseigner le Grand Conseil en répondant aux questions suivantes :

 

  1. Quelles sont les mesures en matière de gestion de la santé que le Conseil d’Etat a déjà effectuées et implantées au sein de l’ACV au cours des 10 dernières années ? Quel bilan le Conseil d’Etat tire-t-il de ces expériences ?
  2. Quelles suites le Conseil d’Etat entend-il donner à l’étude publiée dans 50+ santé en avril 2008 et les recommandations qui y sont faites ? Entend-il par exemple systématiser l’utilisation du Work Ability Index au sein de son administration ? Si oui, dans quel délai, si non, pour quels motifs ?
  3. Le Conseil d’Etat entend-il développer et appliquer une politique de santé au travail centrée sur le vieillissement ? Veillera-t-il notamment à dépister les services et métiers particulièrement exposés à des facteurs de pénibilité susceptibles de porter atteinte à la santé et à la capacité de travail, au moyen d’enquêtes bien conduites et d’outils appropriés ?
  4. Enfin, le Conseil d’Etat envisage-t-il de mettre sur pied un suivi médical pour les postes particulièrement à risque par des spécialistes formés et capables d’apporter les mesures d’adaptation des postes de travail aux capacités ?

 

 

Nous remercions par avance le Conseil d’Etat de ses réponses.

 



[1] Cf. les récentes communications autour de l’ actionsanté – « manger mieux, bouger plus »de l’OFSP (http://www.bag.admin.ch/themen/ernaehrung_bewegung/05245/index.html?lang=fr) et du lacement du label Friendly WorkSpace a par la Fondation Promotion Santé Suisse (cf. www.promotionsante.ch/label).

[2] 50+ santé, avril 2008 (cf. www.50plussante.ch)

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