Développons des jardins scolaires pour étudier la saisonnalité et développer le goût de nos enfants!

 

Les problématiques d’équilibre alimentaire prennent de plus en plus d’importance, notamment dans le cadre de la promotion de la santé et la prévention de certaines maladies (divers cancers, pathologies cardio-vasculaires, obésité). L’évolution du surpoids (IMC ≥25) entre 1992 et 2007 indique clairement que la part de la population souffrant de surcharge pondérale a considérablement augmenté durant les 15 dernières années, passant de 30,3 % à 37,3 % de l'ensemble de la population suisse (Office fédéral de la Santé publique, 2009). Pour les enfants du canton de Vaud[1], 15% des garçons sont en surpoids et 1.8% obèses, ces chiffres étant respectivement de 12.4% et 1.7% chez les filles.

Dans le combat contre le surpoids, outre les mesures de santé publique comme Fourchette verte, un des axes de travail réside dans l’apprentissage du goût pour les enfants. En effet, les carences en matière de formation au goût ou à la sensorialité, ainsi qu'aux compétences du quotidien, la formation relative aux questions de l'alimentation, la préparation de la nourriture et les travaux importants dans le ménage, vont coûter fort cher à la société dans le futur.

Une alimentation diversifiée est importante pour favoriser le développement harmonieux de l'individu. Le répertoire alimentaire que l'enfant construit progressivement est une chose précieuse qui mérite d'être entretenue et développée : il s’agit d’une sorte de « Bibliothèque du goût ». Dans les faits, l'éducation sensorielle se rapproche de la formation musicale et de l'éducation physique. Il n'y a pas de raison particulière de traiter différemment ces trois domaines de la formation des enfants et des jeunes. Par formation au goût, il faut entendre la prise de conscience que la bouche n'est pas une simple voie d'introduction des aliments, mais la valorisation de ses sensations et de son plaisir gustatif.

En outre, il convient de donner aux enfants des références en matière d’alimentation. Le cliché d’un enfant ne sachant pas que ce sont les vaches qui produisent le lait est malheureusement loin d’être un mythe. Il importe donc que les enfants apprennent le cycle de la vie végétale. Et quelle meilleure manière que de le faire en l’expérimentant ? Avec par exemple via l’implantation dans nos préaux ou à proximité de ces derniers de jardins scolaires, les enfants pourront suivre de manière concrètement suivre le cycle de la vie de fruits ou légumes, jusqu’à la séance de dégustation. Cela pourrait également se faire, de manière plus modeste, avec des plantations de tomates, d’herbettes ou de carottes en bacs ou en pots. Les méthodes et moyens déployés peuvent être fort divers, le tout devant si possible s’inscrire en bonne intelligence avec les programmes éducatifs, par exemple le nouveau Plan d’études romand et son volet « corps et mouvement » ou encore les cours d’économie familiale.

Au vu de ce qui précède, nous demandons donc au Conseil d’Etat par le présent postulat qu’il développe, en collaboration avec les communes et cas échéant les associations de communes, l’implantation de jardins scolaires dans les préaux ou à proximité des bâtiments scolaires, ou encore facilitent le déploiement de moyens didactiques vivants. Tout cela doit permettre aux enfants de découvrir la saisonnalité et le cycle de vie des fruits et légumes, et de la sorte in fine favoriser leur éducation au goût.



[1] Lasserre AM, Chiolero A, Cachat F, Paccaud F, Bovet P. Owerweight in Swiss children and associations with children’s and parent’s characteristics. Obesity 2007 Dec; 15(12):2912-9

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