Dire NON aux déchets, c’est dire NON aux centrales

 « Déchets à gérer, avec ou sans nouvelles centrales nucléaires » : Tel est le titre accrocheur d’une annonce publicitaire d’une demi-page couleur publiée le 3 mai dernier par le lobby de la construction de nouvelles centrales en Suisse dans ce journal. En gros, puisque les déchets radioactifs sont là, il faut bien leur trouver une solution. Certes. Mais celle qui est proposée est à refuser impérativement pour trois raisons au moins.

Premièrement, il convient de rappeler que selon la loi fédérale il faut trouver une solution aux futurs déchets nucléaires de construire toute nouvelle centrale nucléaire (art. 13, lettre d, LENu). En réalité donc, ce plan est soumis au vote pour permettre la construction de nouvelles centrales nucléaires. Mais il est vrai qu’il est plus vendeur de dire qu’on veut régler les problèmes passés que d’annoncer que l’on entend créer les conditions cadre pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, surtout après la catastrophe de Fukushima. Rappelons au passage que ce sont ces mêmes lobbys qui, depuis 50 ans, minimisent complètement la problématique des déchets et la sécurité des centrales.

Deuxièmement les sites à roches à Opalinus proposés dans ce plan ne garantissent en rien la possibilité de surveiller et de contrôler ces déchets sur plusieurs générations, ni de les récupérer sans difficultés majeures en cas de problème. L’idée de base est de placer les déchets au fond d’un trou, de les surveiller pendant le moins longtemps possible, car cela coûte et réduit les bénéfices des promoteurs de centrales, puis de sceller le tout. Quant aux 6'000 générations suivantes, elles devront faire avec. Ou alors, comme à Asse en Allemagne, dépenser des milliards pour évacuer les déchets, ceux-ci ayant commencé de fuiter.

Troisièmement, cette solution est dangereuse. Il est cyniquement écrit dans le rapport des experts de la Confédération : «Très longtemps après le scellage, des substances radioactives s'échapperont du dépôt et parviendront en surface». Mais ces propos n’ont que peu d’écho, même si un gramme de plutonium peut tuer un million de personnes. Après les profits, le déluge.

Alors que faire de ces déchets ? La moins mauvaise des solutions actuelles réside dans leur stockage en un lieu sécurisé (par exemple un tunnel), en les gardant à portée de main, afin de donner une chance à nos descendants de mettre au point une méthode qui permettra enfin de les rendre plus ou moins inoffensifs. Car ce n’est pas en les mettant dans un trou réputé « sûr » que cela les neutralisera. La décharge chimique de Bonfol nous a prouvé qu’une « étanchéité absolue » ne l’était plus 20 ans après. Ainsi, faute de pouvoir garantir une solution aujourd’hui pour les générations à venir, nous nous devons de voter NON le 15 mai prochain au plan « Dépôts en couches géologiques profondes ». Il en va de notre responsabilité et de notre éthique.

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