Le Conseil d’Etat doit garantir l’unité de la CGN
Il y a un mois, les députés vaudois ont accepté, à la quasi unanimité, un texte demandant au Conseil d’Etat d’enfin présenter le décret de financement du bateau Vevey, ainsi que le maintien de la CGN en une seule entité. Cette vision d’avenir pour la Compagnie n’est pas fruit du conservatisme, mais bien issue d’une réflexion visant à doter la compagnie du management le plus efficient et la plus grande adéquation possible entre structure juridique et exploitation pratique de la flotte, tout en garantissant ses missions de service public.
Cette conviction du parlement est largement partagée : Fédération patronale, syndicat du personnel de la compagnie (SEV), majorité des communes riveraines, experts en fiscalité et management d’entreprises, partis politiques de tout bord, acteurs du tourisme vaudois, ABVL : tous sont opposés à une scission et la création, par exemple, d’une fondation.
En effet, scinder la CGN impliquerait de mettre en place deux organes décisionnels distincts, alors même que l'exploitation est commune, créant le risque que ces entités reçoivent des missions contradictoires. D'un côté une mission d'efficience économique à court terme ; de l'autre la conservation du patrimoine à long terme. Si dans un premier temps tout pourrait se dérouler de manière harmonieuse, bien vite la tentation pour l’entreprise d’exploitation serait de privilégier ses propres bateaux, laissant les navires de la flotte Belle Epoque à quai, d’autant plus facilement que ceux-ci ne lui appartiendraient plus…
Il faut également rappeler que bon nombre d’entreprises de transport effectuent simultanément des prestations de transport public et touristiques. Et personne n’a l’idée de vouloir les séparer, tant le maintien d’une seule gouvernance permet, au contraire, un équilibre entre les prestations.
Enfin, la création de la fondation « Pro Vapore » a permis de récolter plusieurs millions et la rénovation du bateau « la Suisse », à la satisfaction générale. Or casser en deux la CGN signifie refroidir durablement les donateurs qui se sentiraient trahis, les navires Belle Epoque étant de retirés de la compagnie, alors que les recherches de fonds ont été menées dans le but d’aider celle-ci à préserver et soigner son capital historique si précieux.
Pour la première fois, le Conseil d’Etat a indiqué en fin des débats parlementaires ouvrir la palette de ses réflexions. Il a dit vouloir étudier divers scenarii, dont ceux qui ont la préférence de tous les acteurs du dossier : la variante « statu quo amélioré » et la création d’une holding chapeautant les diverses activités de la compagnie, ces 2 options permettant le maintien de l’unité de la CGN. Gageons que ces études se feront très rapidement et, qu’entre-temps, le gouvernement présentera enfin le projet de décret permettant de débuter sans délai la rénovation du Vevey, désormais à quai avec l’Italie et l’Helvétie.








