Financement des partis: Qui paie commande.
Personne ne sait quel lobby finance quel parti. Les électrices et électeurs sont en droit de connaître qui paie la campagne de tel ou tel candidat. Sans quoi, comment savoir si les cliniques privées financeront la campagne des candidats Libéraux-Radicaux aux prochaines élections fédérales ? Les grandes banques paieront-elles pour les candidats UDC ? Et les pharmas permettront-elles à un candidat PLR zurichois de payer les 40'000.- qu’il doit verser à son parti pour être bien placé sur la liste au Conseil national ?
Ces questions peuvent paraître hors de propos. Elles ne le sont pas, malheureusement pour notre démocratie. Et tant que tous les partis n’auront pas accepté la transparence financière de leurs comptes et la publication de leurs sources financement, elles restent d’actualité. En effet, à l’heure actuelle personne ne peut savoir qui finance la campagne de personnes qui prennent des décisions qui touchent le quotidien des gens, leur supprimant telle prestation, par exemple le remboursement des lunettes, ou faisant un cadeau aux très riches, en refusant d’imposer les bonus de plus de 3 millions. Les électrices et électeurs ne peuvent pas savoir qui a quel « fil à la patte », c’est tout simplement scandaleux !
Il y a toutefois de rares exceptions : quand ce journal publie le 21 février 2006 les comptes du Parti libéral suisse, on apprend que l’UBS lui a versé 160'000,- pour son fonctionnement de 2001 à 2003. Or le programme de législature 2003-2007 dudit parti défend ardemment le secret bancaire. Sans doute un pur hasard. Par ailleurs, les partis bourgeois refusent de publier la liste des noms de leurs donateurs. Ils prétendent que si cette publication était obligatoire, ils perdraient de gros montants. A contrario, relevons que dans de nombreux pays, la publication des noms des donateurs à un parti ou à un candidat à une élection est un tel automatisme que personne n’oserait la remettre en question. Si ces généreux mécènes anonymes venaient à renoncer à leur soutien pour des raisons de transparence, nous ne pouvons qu’en déduire que ces gens ont quelque chose à cacher.
« Qui paie commande » prétend l’adage. Au parti socialiste, ce sont les membres et les élu-e-s qui financent les campagnes de votation, d’élection et l’organisation du parti. Ainsi, nous sommes totalement indépendants et nous nous prononçons à chaque fois en fonction de l’idéal de société que nous voulons : une société plus sociale, plus juste, plus solidaire. Une société qui veille à l’intérêt de toutes et tous. Et non qui privilégie les intérêts de quelques privilégiés. Fussent-ils actionnaires de cliniques privées, de banques ou d’assurances. Pendant des années, le parti socialiste s’est battu pour obtenir la publication des registres d’intérêts des parlementaires. Il a fini par obtenir gain de cause. Il convient désormais de faire tomber un autre bastion de l’omerta: celui du financement des partis politiques et des campagnes électorales.








