Ces actions qui tuent l’emploi
La brutalité de l’annonce de Novartis de licencier 2'000 personnes et de fermer son site de Nyon-Prangins, alors que la multinationale bâloise engrange des milliards de bénéfice, a choqué l’ensemble des acteurs politiques. Ainsi, le Grand Conseil a voté à l’unanimité une résolution de solidarité et de soutien aux salarié.e.s de l’entreprise, demandant au Conseil d’Etat de préserver le site et les emplois.
Depuis Novartis, les annonces de suppression de postes, de licenciements, de péjoration des conditions de travail n’ont cessé, avec en toile de fond la crise des marchés financiers, la cherté du franc suisse. Bien des entreprises ne répondent plus à un impératif économique réel, mais à la seule loi des marchés. Aux bulles spéculatives de l’immobilier ou des nouvelles technologies ont succédé celles sur les dettes des Etats et les taux de change. Ainsi, quelques « marionnettistes » jouent des sommes faramineuses au casino boursier, dans le seul et unique but d’en trouver un rendement maximum sur un laps de temps minimum. Le produit réel n’est plus vraiment important, seul compte la valeur de l’action en bourse.
Si dans un premier temps seules les entreprises cotées en bourse sont sous les feux de la rampe, la contagion à l’ensemble de l’économie réelle est rapide. Nos exportations sont touchées, tout comme le tourisme et les banques. Par ricochet, demain, ce sera peut-être votre boucher, votre fleuriste, votre boulanger, votre coiffeur, votre blanchisseur… Toutes ces professions dont le volume de travail est en chute libre depuis quelques temps déjà. Combien de ces commerces de proximité tirent le diable par la queue pour parvenir à nouer les deux bouts ? Combien sont à deux doigts de tout laisser tomber ? Combien ont déjà dû mettre la clé sous le paillasson ? Si nous ne faisons rien, la contagion à l’ensemble de notre tissu économique sera totale.
C’est pourquoi, nous devons réagir avec force et empoigner résolument ces problèmes. Des solutions existent, comme le rehaussement du plancher du franc face à l’euro ou l’accélération des investissements dans les infrastructures, principalement en matière de transports, de logements et d’énergie. Les fonds de pensions pourraient financer ces grands chantiers, plutôt que de continuer de participer au casino des boursicoteurs. Stopper cette épidémie est possible.
Stéphane Montangero, vice-président du PS Vaudois et député au Grand Conseil.
Article publié dans le Lausanne Cité.








